Le monde est complexe....

tn_DentsdeLenfon.jpg "Je doute de l'intelligence collective ...qui s'autoproclame collective" nous dit Edgard Morin cité dans le bon rapport publié par le groupe Intelligence Collective de la FING (Jean Michel Cornu son rapporteur sera avec nous aux Rencontres ICC). C'est en repensant aux nombreuses discussions tenues ensemble avec Pierre Levy au Neurope Lab que j'accompagne des entreprises sur le renforcement de leur efficacité collective. L'enjeu comme souvent vise à développer durablement la performance : et en la matiére on est dans l'action. En somme, je travaille à rendre compatible des égoïsmes. C'est souvent plus difficile mais plus concret que d'imaginer faire converger intérêt individuels et intérêt collectif, qui reste souvent trop théorique... Voilà un bon sujet de débat ?

Leadership, innovation, transformation et connaissances : un élan à renouveler...

tn_sommet-neige-montagne-joraces-vallee-.jpgJe trouve que ces propos multiples sur le déclin français(par exemple l'article du patron de Publicis dans le Monde de jeudi) ou sur les multiples peurs de nos concitoyens sont terriblement réducteurs et renforcent inutilement quelques réflexes. Prenons simplement en compte que trois ruptures et mutations sont reconnues et identifiées comme essentielles. Et que nous devons faire avec. Et que nous en sommes sans aucun doute capable.

- Les modalités de création de valeurs et de richesses changent radicalement. Dans la société de la connaissance dans laquelle nous avançons de plus en plus en plus vite, elles impliquent le passage d'une gestion de la main d’œuvre à une gestion des savoirs des connaissances et des compétences – la gestion du "cerveau d'œuvre". L'homme devient le repère du monde en mouvement. La capacité des individus et des communautés humaines à innover devient fondamentale et stratégique.

- Pour la première fois dans l’histoire de l'humanité la vitesse des innovations technologiques est largement supérieure au rythme des générations. Ce nouveau contexte nécessite une adaptation permanente et continue de chacun. De plus, la perception par tous que la précarité est consubstantielle de notre société d'aujourd'hui conduit chacun à renforcer ses propres dispositifs d'identité et de proximité qui rassurent.

- L’universalisation des technologies et de la société en réseau, la mondialisation de l’économie, l'évolution démographique, les migrations créent une interdépendance planétaire qui oblige à revoir radicalement les fondamentaux de la gouvernance des nations et des territoires

Alors pour s'assurer d'un élan à renouveler (beau titre d'une conférence sur Condorcet et Gramsci; celui de l'utilité collective et celui qui opposait l'optimisme de la volonté au pessimisme de l'intelligence), je vous livre quelques "food for thoughts" pour la route :

Le leadership désigne une relation entre individus qui se motivent et s’inspirent mutuellement pour accomplir des performances hors du commun
Gottlieb Guntern, La médiocratie démasquée: pour un leadership créatif

En face d’un problème complexe, l’essentiel n’est pas d’ériger une vérité…..mais d’animer un processus de construction collective d’une démarche efficiente.
Cultiver la connaissance partagée c’est permettre d’envisager collectivement l’avenir.
Hubert Saint Onge, Leveraging communities for strategic advantage

L’innovation n’est jamais au départ une action raisonnable…ce qui définit un innovateur ’est sa capacité à faire passer une nouveauté dans les pratiques sociales, à faire d’une nouvelle idée un nouveau comportement collectif
Norbert Alter, L’innovation ordinaire

...et bien sûr

…et songez qu’il n’est d'affaire plus difficile, plus dangereuse à manier, plus incertaine de son succès, que d’entreprendre d ’introduire des transformations ; car le novateur à pour ennemis tous ceux que l ’ordre ancien favorisait, et ne trouve que de tièdes défenseurs chez ceux que favoriserait l ’ordre nouveau

Machiavel, Le Prince

Allons y... sortons de nos cocons. Que chacun devienne un entrepreneurs de la connaissance. C'est possible. Et plein de personnes agissent dans ce sens. Croyez moi, je les rencontre.

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La confiance est la bande passante de la connaissance

tn_bouteille.jpg Je perçois, j'espére à tort, comme une sorte d'engourdissement et de climat de défiance qui gagne notre société française et même quelques uns de ses entrepreneurs...handicaps sérieux dans cette société de la connaissance que nous devons inventer, construire et faire vivre. Alors je me remémore ce mot de Karl-Erik Sveiby que je connais depuis longtemps "Trust is the bandwith for knowledge". Gardons le en tête. Tout autant que le "Stay hungry, stay foolish" que vient de clamer Steve Jobs dans son discours prononcé à l’occasion de la remise des diplômes (Commencement Speech) de l’Université de Stanford (merci Francis Pisani. A propos de "foolish" me revient également ce mot "écoutons les félés, car ils laissent passer la lumiére) Se décider également à prolonger la liste d'audaces que nous propose Luc Fayard qui tout spécialiste reconnu des technologies, journaliste et enseignant qu'il est, nous invite, entre autres, à "Dans la rue, croiser quelqu’un et lui sourire de toutes vos dents" ...En somme, se retrouver sur des choses simples pour avancer dans la confiance. En étant toujours attentif "la confiance, c'est comme le dentifrice...quand elle sort du tube, c'est trés difficile de la faire rentrer!"...
Rappelons nous - au delà de tous les dispositifs technologiques et des processus formalisés - la connaissance est avant tout "incarnée" dans chacun de nous. Et puis la connaissance, c'est aussi l'autre...bon allons y, "au pessimisme de l'intelligence, opposons l'optimisme de la volonté"...avec cette nécessaire humilité - du blogueur à l'universitaire, en passant par les politiques, les dirigeants et chacun...ce n'est pas parce que c'est écrit, que ça existe!